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mercredi, mars 17, 2004

La jeune fille à la perle 

afficheGB. Un film de Peter Webber, d'après le roman de Tracy Chevalier. Avec : Colin Firth (Johannes Vermeer), Scarlett Johansson (Griet)

Delf, Pays bas, XVII siècle. Une jeune paysanne initiée à l'art par son père est envoyée au service de la famille d'un prestigieux peintre flammand, Vermeer.

Au premier abord La jeune fille à la perle ressemble à une simple romance mais ce n'est pas le cas. C'est avant tout un film sur l'art. Nous suivons l'histoire de Griet, une jeune servante sensible à la peinture, aux couleurs, malgré sa condition. Elle sera la muse d'un tableau somptueux, et la seule que le spectateur connaîtra "personnellement". Les autres personnages ne sont présents qu'à travers leur relation au tableau, ce qui, parfois, rend leurs attitudes improblables. On ne connaît d'eux qu'une seule facette, l'aggressivité d'un peintre concurrent, la jalousie du modèle détronée par sa servante. Du peintre lui même on n'apprend presque rien. Le personnage historique est mystèrieux, sa vie passablement méconnue, le scénario ne se confond donc pas en conjectures. Seule son intuition d'artiste est montrée, une intuition qui lui permet de placer son art au dessus des règles et des souffrances. Le film entier tend vers cette glorification de l'art. On ne veut pas nous parler de la vie XVII siècle, ni de celle de tel ou tel personnage, juste nous faire entrevoir à quoi ressemble la naissance d'une tableau. Pour cela le réalisateur a eu l'intelligence d'éviter le sentimentalisme, ce qui est particulièrement appréciable dans les relations entre le peintre et son modèle. Des intrigues secondaires plus ou moins interressanes mais qui ont l'avantage de faire progresser l'action sans détourner l'attention du tableau, rythment le film. Tout cela amène à une réflection sur l'art, la création, la beauté et sa valeur, qui n'est cependant que suggérée, car le réalisateur s'applique à n'appuyer sur aucun point, laissant peut être au spectateur l'opportunité de choisir ce qu'il préfère retenir de l'histoire. Et puis il y a l'image, soignée de façon à ce que les scènes de la vie quotidienne aient la même beauté picturale que les tableaux de maîtres, dont certains sont les originaux. Est ce là une vérité historique ? La question est ouverte. L'hypothèse permet en tout cas au film de se distinguer par son esthétisme.

écrit par Ilia à 12:05

mercredi, mars 10, 2004

Big Fish 

affiche2003. Un film de Tim Burton, adapté du livre de Daniel Wallace. Avec: Ewan McGregor (Ed Bloom jeune), Albert Finney (Ed Bloom senior), Alison Lohman (Sandra Bloom jeune), Jessica Lange (Sandra Bloom senior), Billy Crudup (Will Bloom), Marion Cotillard (Josephine), Helena Bonham Carter (Jenny/la sorcière).

Ed Bloom a vécu une vie extraordinaire. C'est en tout cas ce qu'il aime raconter à tout le monde. Son fils Will, excédé par ses mensonges, a quitté sa famille pour la France, où il vit avec Josephine qui porte leur premier enfant. Mais lorsqu'arrive la nouvelle de la mort prochaine de son père, Will se décide a découvrir la vérité sur cet homme qu'il ne connait pas.

Tim Burton est une légende à cause de son univers, de son style, de ses cheveux. Il n'empêche que La planète des singes était un mauvais film. Nous avions un peu peur que ce film marque le début d'un tournant dans sa filmographie. Heureusement il n'en est rien. Big Fish est le retour d'un cinéaste génial à son univers de prédilection. Tout y est, les monstres attendrissants, les sorcières et les blondes héroines. L'esthétisme des décors, l'humour et la tristesse. Les acteurs bien que pour la plupart nouveaux chez Burton, sont irréprochables. Billy Crudup joue très justement le fils en colère car il ne comprend pas. Ewan McGregor dans le rôle du jeune Ed Bloom a juste ce qu'il faut de décalé, de naif, d'émerveillé. Une foule de seconds rôles nait sous ses pas. Des personnages fantastiques et attachants. Un géant un peu idiot, un homme-loup-garou, des siamoises chanteuses... On notera les apparitions de Steve Buscemi, artiste déjà particulier chez les frères Coen, dans un rôle qui lui va bien, et Helena Bonham Carter, très intriguante en sorcière comme en jeune femme seule et triste. Enfin la surprise vient de Marion Cotillard. Douce comme une princesse dans ce film, ses grands yeux et le singularité de son visage lui confère le droit d'entrer dans le cercle des actrices burtoniennes.

Le casting n'est pas le seul élément spécial de ce nouveau Burton. En effet Big Fish est un film d'un genre différent. Il faut signaler tout d'abord que le scénario répond à la vie personelle du réalisateur, qui est devenu papa pendant le tournage et qui avait perdu son père juste avant. Pas étonnant que Burton se soit reconnu dans le roman de Daniel Wallace. La mort est un thème très présent dans l'oeuvre de Burton, mais elle n'a jamais eu l'apparence que revêt la mort dans Big Fish. La mort du créateur d'Edward aux mains d'argent, celle de Bella Lugosi dans Ed Wood sont tristes mais anecdotiques. Edward de Big Fish attend la mort. Et sa famille attend avec lui. Une mort dans un hopital, une mort réelle. Cette attente qui constitue le film est douloureuse pour le spectateur qui s'y reconnait et pour les personnages. Ce qui donne lieu à des scène poignantes. Les précédents Burton étaient d'un bout à l'autre des plongées dans un monde fantastique. Très largement inspirés du monde réel, celui n'avait pourtant aucune prise sur ces univers imaginaires. Big Fish est un montage parallèle entre un univers imaginaire, qui aurait pu être un film à lui seul, et le monde réel, le notre, celui qu'on ne voit jamais chez Burton, avec des hôpitaux et des répondeurs annonçant les mauvaises nouvelles. Ces deux sphères s'opposent comme s'opposent le père et le fils. Après avoir passé tant de films à se promener dans sa fantaisie, Tim Burton l'interroge et soulève les questions simples mais passionnantes qui donnent à la fin du film toute son intensité : où est la frontière, la différence, entre le réel et l'imaginaire, n'est-il pas préférable de s'abandonner à sa fantaisie...

Nous sommes sortis du film enchantés par la beauté des images et aussi désarmés qu'après Edward aux mains d'argent. Dans la rue, mon amoureux m'a dit : "Big Fish c'est un peu le Mulholland Drive de Tim Burton". En effet c'est peut être son film le plus abouti, à la fois synthèse et dépassement de son travail. La preuve que Burton est un grand artiste, qui sait évoluer et réfléchir sur son art.

écrit par Ilia à 15:24

mercredi, mars 03, 2004

Bonjour !

écrit par Ilia à 15:12