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mardi, avril 13, 2004

The Dreamers / Les Innocents 

afficheUn film de Bernardo Bertolucci, 2003, d'après un roman de Gilbert Adair.
C'est très beau, plein de bonnes idées, le réalisateur s'est fait plaisir avec des bouts de films qui soulignent la culture de ses trois protagonistes.
Matthew est joué par le Michael Pitt qui m'avait tant fait baver dans Hedwig and the Angry Inch. Un grond blondinet perdu à Paris au moment où les rêves descendent dans la rue, il est conscient de la double chance qu'il a, vivre tout ça en direct, et échapper à la guerre du Viet Nam. Plus conscient en tout cas que
Théo (Louis Garrel), branleur parisien qui passe son temps à la Cinémathèque, révère Chaplin, collectionne les effigies de Mao mais se saoule avec des Bordeaux 1937, et se masturbe sur Lili Marlène, voire sur
Isabelle (Eva Green), sa soeur jumelle, une brune aux yeux bleux foncés magnifiques, au corps de rêve et aux rêves simples : elle veut aimer, un peu Matthew mais son frère pour la vie...

C'est d'une beauté à tomber par terre, sur des thèmes (politique, sexe, déracinement) qui me sont chers, et pourtant un goût d'inachevé sur mes lèvres en sortant, et pas seulement à cause de la fin - je ne veux rien dire, mais je trouve qu'il manque une conclusion. Je ne sais pas comment est le livre (que l'auteur a adapté en scénario), mais je trouve là où on picore, parfois un peu de profondeur n'aurait pas fait de mal.

J'y pense comme ça, mais un livre m'avait marqué au collège, Si les porcs avaient des ailes, traduit de l'italien, qui racontait le parcours politique et sexuel de deux adolescents dans les années 70 - très proche, donc. Je me suis fait confisquer le livre au collège, je ne l'ai jamais revu, on m'a dit qu'il était épuisé. À l'époque la politique m'intéressait moins que le sexe; on change peu, mine de rien.

écrit par Aurélien à 16:26